14 avril

Les plantes, le mythe et l’insularité : les mutations actuelles de l’hindouisme à la Guadeloupe dans une perspective ethnobotanique

Conférence

14 avril 2021

Lou Kermarec, CEIAS-EHESS

Entre 1854 et 1889, près de 43 000 Indiens sont arrivés en Guadeloupe, archipel français des Caraïbes, pour travailler sur les plantations. Les études sur la migration de l’hindouisme hors de l’Inde offrent peu d’importance aux savoirs liés au végétal. Les plantes, que les hindous associent aux mythes et aux dieux, sont pourtant nécessaires à tous les rituels hindous, qu’ils soient performés en Inde ou hors de l’Inde. Les différences entre les paysages végétaux indiens et antillais sont au cœur des réflexions actuelles sur le culte hindou en Guadeloupe. Lorsque les officiants (pousari) voyagent en Inde, à Trinidad ou aux Mascareignes, ils rapportent des plantes associées aux dieux et aux mythes, comme le tulsi, le bilva, le parijat ou encore l’asoka, jusqu’alors introuvables en Guadeloupe. A partir de données ethnographiques, je propose une analyse de ces circulations de plantes et de savoirs. L’insertion progressive de divers savoirs brahmaniques se fait souvent à l’intérieur même du culte sacrificiel villageois pratiqué depuis le XIXe siècle et non pas nécessairement en opposition avec lui. Les plantes sont des objets de savoirs et la transmission de leurs usages est liée aux débats sur la nature de l’offrande sacrificielle (animale ou végétale), alimentés notamment par le Sanatan Dharma, dont le représentant en Guadeloupe fait du paysage végétal un atout majeur de sa pratique et de son enseignement. Ces mutations amènent à questionner l’idée de « manques » entre l’Inde et les territoires hindous diasporiques, ainsi que les notions d’endémisme, d’origine, d’exil et d’appartenance à une communauté ou un territoire. Je présente dans cette conférence des données de ma thèse de doctorat. 

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