Diaspora et corporéité : rituels et identifications hindous à La Réunion

Conférence
27 janvier 2021
Natalie Lang, Junior fellow associée au Max Weber Centre for Advanced Cultural and Social Studies, University of Erfurtingapore
Cette conférence explore le rôle du corps dans la création d’une conscience diasporique qui n’existait pas avant. Après une phase de contacts limités avec l’Inde des migrants sud-indiens qui sont arrivés à l’île de la Réunion pendant l’ère coloniale d’esclavage et d’engagisme du 18è au 20è siècle, quelques de leurs descendants ont commencé à s’orienter vers l’Inde dans la seconde moitié du 20è siècle, surtout pour acquérir des connaissances religieuses hindoues. Dans le contexte d’une perception partagée par certains Réunionnais de disposer de peu de mémoires transmises par les générations précédentes, le corps devient un outil et site de création et d’invention. Surtout pour des jeunes Réunionnais qui sont les premiers de leurs familles à s’orienter vers l’Inde dans leurs pratiques religieuses, il s’agit d’apprendre des pratiques corporelles pour s’identifier avec une religion ancestrale et mondiale. En plus de pratiques vestimentaires et alimentaires, des questions concernent les préparations du corps pour des rituels, et des mouvements rituels, par exemple comment porter des objets dans des processions. En examinant comment le corps est préparé, bougé, ressenti, et perçu dans le rituel, cette intervention démontre l’importance du corps dans la création d’une conscience diasporique, et à la fois interroge l’applicabilité générale de la notion de diaspora, mettant en valeur le contexte socio-historique de la Réunion, département et région d’outre-mer de France dans l’Océan Indien, qui est reflété dans des lectures et appropriations différentes des pratiques corporelles rituelles, inclus pour des projets néolibéraux d’avancement personnel et social, et pour la valorisation de connaissances locales.