Les dimensions ethniques et territoriales dans l’étude des populations indienne et hindoue au Québec
Conférence
17 mars 2021
Frédéric Castel, Montréal
Le thème de l’immigration sud-asiatique peut conduire à des idées reçues ou à des simplifications si l’on ignore les dimensions ethnolinguistique et territoriale de la population à l’étude. Une telle prise en compte peut s’élaborer à l’aide des variables des recensements canadiens. Parlant territoires, si l’on veut mieux connaître une population sud-asiatique (hindoue, sikhe, indienne, sri-lankaise, etc.) établie au Québec il importe d’y circonscrire l’univers d’observation statistique car les études à l’échelle canadienne créent un effet de moyenne qui ne permettent pas de dégager les traits particuliers d’une population sise au Québec avec la juste chronologie des mutations. C’est que le choix du territoire modifie les données sociales par la reconnaissance de la diversité et du poids relatif des groupes ethniques locaux.
Nous proposons d’explorer trois thèmes par l’examen de diverses figures. Le premier est de prendre acte que la répartition des appartenances religieuses présente de fortes différences selon que l’on utilise les variables « origine ethnique » ou « lieu de naissance » et que, dans les cas des populations indienne ou sri-lankaise, la diversité religieuse locale s’est distanciée de celle des pays d’origine. Le deuxième compare le profil ethnoreligieux des populations sud-asiatiques du Québec, de l’Ontario et de la Colombie britannique. On constatera que la morphologie des populations hindoues (toutes ethnies confondues) ou indiennes (toutes religions confondues) ainsi que les pays impliqués dans les migrasporas (diasporas) divergent sensiblement. Ethnicité, pays d’émigration et provinces impliquent encore la notion de territoire. Le troisième pose un regard rapide sur la répartition géographique de la population hindoue à Montréal, ce qui est ultimement une façon d’inverser la lorgnette territoriale.